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"Mécanismes sous-­jacents au crop-­raiding chez le Babouin Chacma (Papio c. ursinus)"

Dernière mise à jour : mardi 22 mars 2016, par Catherine Berger

PROJET :

En Afrique, les primates sont généralement désignés comme les principaux responsables du ravage des cultures (crop-­raiding) et de la perte économique qui en découle. Ces cultures représentent une nouvelle niche écologique et le crop-­raiding peut être considéré comme une stratégie d’approvisionnement (foraging strategy) où les bénéfices sont nettement supérieurs aux coûts. Les plantes cultivées sont en effet généralement plus faciles à localiser et à digérer que les ressources naturelles et une plus grande quantité peut en être prélevée. Cette stratégie est par conséquent énergétiquement avantageuse pour les raiders. Une des conséquences est que les raiders passent moins de temps à se nourrir et plus de temps à se reposer et à socialiser, ce qui se traduit par une croissance plus rapide et un meilleur succès reproducteur. Les coûts liés au crop-­raiding ne sont pas pour autant inexistants, le risque de blessure et de mort est loin d’être négligeable, mais ces coûts semblent négligeables par rapport aux gains. Certaines caractéristiques intrinsèques à l’espèce telles que ses capacités cognitives développées et sa plasticité comportementale et alimentaire pourraient expliquer son efficacité dans le crop-­raiding. Les babouins sont très organisés et répartissent les tâches au sein de la troupe (i.e. vigilance, cri d’alarme...), pouvant ainsi augmenter leur succès de pillage des cultures au cours du temps. Cependant, ils seront confrontés à des incertitudes quant à la prévisibilité des ressources disponibles et aux dangers liés à l’exploitation de zones protégées. Différentes stratégies cognitives et sociales peuvent alors être mises en place pour gérer cette incertitude. L’incursion des groupes de babouins dans les cultures à la périphérie du Parc National de Hwange au Zimbabwe constitue une expérience à ciel ouvert pour étudier les facteurs individuels et sociaux impliqués dans ces décisions de groupe, déterminer les mécanismes permettant l’émergence et le maintien de stratégies d’approvisionnement collectives en situation d’incertitude et revisiter les théories relatives aux stratégies anti-­prédatrices. Ces résultats permettront également d’élaborer des recommandations qui permettront de protéger à la fois les espèces animales et les cultures des populations humaines et de favoriser la coexistence homme-­‐nature.

Directrice de thèse : Odile PETIT
Co-­‐directrice : Valérie DUFOUR