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La communauté scientifique européenne unit ses forces pour percer les secrets de la matière

Dernière mise à jour : mercredi 13 avril 2016, par Nicolas Busser

Le projet européen European Nuclear Science and Applications Research - 2 (Ensar2) rassemble une trentaine de laboratoires européens répartis sur quinze pays dans les domaines de la physique nucléaire fondamentale et appliquée. Soutenu par la Commission européenne et coordonné par le Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil, CNRS/CEA), il financera l’accès des équipes européennes aux infrastructures de recherche et favorisera les échanges. Les expériences ainsi menées permettront de mieux comprendre la structure et la genèse de la matière. Le projet a démarré en mars pour une durée de quatre ans.

Pour mener leurs recherches en physique nucléaire, les chercheurs européens ont accès à toute une palette de grandes infrastructures de recherche proposant des faisceaux d’ions de nature et énergie variées. Grâce à ces installations, ils étudient par exemple les forces nucléaires qui interagissent entre les briques élémentaires des noyaux atomiques (les protons et les neutrons) ou la synthèse primordiale des éléments et de leurs différents isotopes dans les étoiles. Leur savoir-faire en instrumentation trouve de nombreuses applications dans d’autres disciplines, comme par exemple l’archéologie ou la médecine.

Les grandes infrastructures européennes pour la recherche nucléaire sont mondialement connues et très complémentaires. Pour maintenir le haut niveau scientifique et technique de ces installations, la communauté des physiciens nucléaires européens poursuit ses efforts pour une utilisation efficace des équipements existants et pour le développement de nouvelles infrastructures, nécessaires à l’ambitieux programme scientifique qu’ils se sont fixé. Pour cela, la communauté scientifique s’appuie sur le Comité de collaboration européen de physique nucléaire (NuPECC) et bénéficie d’un soutien financier important de la part des organismes de recherche et de l’Union européenne.

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Cartes des infrastructures de recherche européennes participantes

Une communauté de presque 3 000 chercheurs et ingénieurs

Ainsi de 2010 à 2014, le projet European Nuclear Science and Applications Research (Ensar) a permis de coordonner et de financer en partie les efforts d’environ 1 800 physiciens nucléaires européens, dans le but de leur faciliter l’accès à sept grandes installations expérimentales [1] possédant des faisceaux d’ions très divers. Soutenu par la Commission européenne [2], Ensar a notamment contribué au développement des échanges entre équipes en finançant leurs déplacements auprès des installations.

Le projet Ensar2 a pris la suite d’Ensar. Egalement financé par la Commission européenne [3], il va encore plus loin et s’ouvre sur l’Europe de l’Est en intégrant de nouvelles installations en Pologne et en Roumanie [4]. S’y est aussi ajouté un laboratoire européen de physique théorique situé en Italie [5]. Selon un récent bilan de NuPECC, entre 2 700 et 3 000 scientifiques et ingénieurs européens sont concernés par la physique de la structure des noyaux, l’astrophysique nucléaire, les applications des techniques nucléaires et les installations expérimentales. Ensar2 est donc un immense soutien pour la recherche européenne.

Le projet Ensar2 a démarré en mars 2016 pour une durée de quatre ans. Financé par la Commission européenne à hauteur de 10 millions d’euros et coordonné par le Ganil, le projet rassemble quinze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni et Suisse.

Les laboratoires français participant à Ensar2 sont :

  • le Centre d’études nucléaires de Bordeaux Gradignan (CENBG, CNRS/Université de Bordeaux)
  • le Centre de sciences nucléaires et de sciences de la matière (CSNSM, CNRS/Université Paris Sud)
  • le Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil, CNRS/CEA)
  • le Laboratoire de physique corpusculaire de Clermont-Ferrand (LPC Clermont, CNRS/Université Blaise Pascal)
  • le Laboratoire de physique subatomique et cosmologie (LPSC, CNRS/Université Grenoble Alpes/Grenoble INP)
  • l’Institut de physique nucléaire d’Orsay (IPNO, CNRS/Université Paris Sud)
  • l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, CNRS/Université de Strasbourg)
  • l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers (Irfu, CEA)

Pour en savoir plus

Contacts chercheurs

  • Marek Lewitowicz (Ganil) :
  • Ketel Turzo (Ganil) :

[1L’Accélérateur linéaire et tandem à Orsay (Alto) en France, l’Accelerator Laboratory of the Department of Physics de l’Université Jyväskylä (JYFL) en Finlande, le Center for Advanced Radiation Technology (KVI) aux Pays-Bas, le Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil) en France, le GSI Helmholtzzentrum für SchwerIonenforschung (GSI) en Allemgagne, Isolde/Cern en Suisse et les Laboratori Nazionali di Legnaro - Laboratori Nazionali del Sud ("joint LNL-LNS/INFN") en Italie.

[2Dans le cadre du 7e programme-cadre pour la recherche et le développement (PCRD).

[3Dans le cadre d’Horizon 2020, le 8e programme-cadre pour la recherche et le développement

[4Le National Cyclotron Laboratory (NLC) en Pologne et le National Institute for Research and Development for Physics and Nuclear Engineering - Horia Hulubei (IFIN-HH) et Extremely Light Infrastructure - Nuclear Physics (ELI-NP) en Roumanie

[5L’European Centre for Theoretical Studies in Nuclear Physics and Related Areas (ECT*)