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DEPE | Supports techniques » MIBE
Certains projets de recherche du Département d’Ecologie de Physiologie et d’Ethologie impliquent une forte composante technique dans la réalisation des expérimentations et pour le recueil de données scientifiques sur le vivant. Le rôle du service MIBE, qui est immergé au cœur des équipes de recherche du DEPE, est de développer une instrumentation innovante répondant au mieux aux contraintes expérimentales des groupes de recherche, favorisant ainsi la prééminence scientifique des équipes du DEPE.
Créé en septembre 2010, ce service profite d’un savoir-faire préexistant à l’IPHC dans le domaine de la mesure sur les animaux sauvages à l’aide de dispositifs électroniques embarqués (bio-loggers). L’équipe a d’ores et déjà à son actif le développement, la mise place et la maintenance des équipements de pesée automatique de manchots (projet Antavia), la réalisation de divers bio-loggers, le développement de robots télécommandés pour les Terres Australes et Antarctiques Françaises, le développement d’actimètres pour passereaux en captivité ou encore la mise en œuvre d’un banc d’électrophysiologie in vitro. A titre d’exemple, des bio-loggers implantés sur des animaux sauvages ont été développés pour collecter des données physiologiques et environnementales dans des environnements extrêmes (température, profondeur de plongée, etc...) sur des durées de plusieurs mois.
Le service est engagé dans une course à la miniaturisation des instruments qui a permis la réalisation de prototypes d’enregistreurs de données réduits à l’extrême (masse de l’instrument < 2g, autonomie > 2 ans) et s’oriente vers le développement de systèmes de loggers complexes communicants, auto-organisés en réseau pour suivre notamment des colonies d’animaux. Les équipements conçus par le service présentent un fort potentiel de valorisation dans des disciplines scientifiques connexes (botanique, océanographie, …).
Le suivi des animaux sauvages dans leur milieu naturel renseigne sur leurs capacités d’adaptation aux changements environnementaux et permet aussi de mieux comprendre ces changements en utilisant certaines espèces animales comme éco-indicateurs. De plus, la connaissance de la physiologie des individus permet d’étudier les mécanismes adaptatifs mis en jeux, apportant ainsi des informations précieuses pour la biologie et la recherche médicale. Le succès de ces études passe par la résolution de défis multiples, d’ordre scientifique, méthodologique et technique, défis qui doivent être appréhendés de façon pluridisciplinaire par les ingénieurs et les biologistes.
L’équipe de MIBE conçoit, développe, réalise et met en œuvre différents modèles de bio-loggers :
Le LUL est le plus petit de la famille des bio-loggers. Enregistrant la température la luminosité et la pression chaque minute, il fournit une durée de vie d’an et demi pour un poids total (batterie et encapsulation comprise) de seulement 2 grammes. Le boitier est personnalisable selon l’utilisation souhaitée (boitier biocompatible pour l’implantation ou résistant à la pression pour des plongées en mer en profondeur). La taille et la nature des batteries peuvent être adaptées aux applications et à leurs conditions de température.
Cet enregistreur de données combine les mesures de Pression (P), Température (T) et Luminosité (L) avec un accéléromètre 3D. Sa consommation d’énergie extrêmement faible lui confère une durée de vie époustouflante au regard de sa petite taille et de sa légèreté. Sa mémoire de 4 Go permet aux utilisateurs d’y enregistrer une importante quantité de données. Le boitier est personnalisable selon l’utilisation souhaitée (boitier biocompatible pour l’implantation ou résistant à la pression pour des plongées en mer en profondeur). La taille et la nature des batteries peuvent être adaptées aux applications et à leurs conditions de température.
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Ce programme soutenu par l’Institut Polaire Paul-Emile Victor, nommé Antavia, développe et utilise des systèmes d’identification fixes, automatiques, couplés ou non à des plateaux de pesée, ou mobiles (antennes transportables, ou rovers) afin de suivre la dynamique des populations de manchots des régions antarctiques (manchots royaux de Crozet et de Kerguelen, manchots empereurs et Adélie de Terre Adélie - continent Antarctique) et d’étudier la structure et le fonctionnement des colonies animales.
Dans le cadre du programme scientifique soutenu par l’Institut Polaire Paul-Emile sur les stratégies adaptatives et la dynamique des populations de prédateurs marins face aux changements environnementaux (programme 137), nous avions montré, dans un article publié dans Nature Methods, qui a été repris par les médias du monde entier, qu’il est possible d’utiliser des rovers pour identifier in situ des manchots dans leur colonie par RFID (Radio Frequency IDentification) en évitant la perturbation liée à la présence humaine. Avec le soutien de la Fondation d’Entreprise Total, l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien innove en développant des robots – faux manchots pour étudier la biologie de ces espèces.
Un autre axe d’étude du programme Européen LIFE ALISTER concerne la reconnexion des zones de présence du Grand Hamster. Il s’agit de permettre aux hamsters de se déplacer d’une zone à l’autre, actuellement séparées par des obstacles (voies de circulation notamment), en empruntant des passages spécifiques qu’ils trouveront et qui ne les exposeront pas aux prédateurs.Pour plus d’informations : Responsable technique, Julien COURTECUISSE) | Coordinateur scientifique, Yves HANDRICH)