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DEPE | Stratégie scientifique » Ecophysiologie et changements environnementaux » Damien CHEVALLIER

Damien CHEVALLIER


Damien Chevallier
Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien
Département Ecology, Physiology et Ethology
UMR 7178, CNRS-Unistra
23 rue Becquerel
67087 Strasbourg Cedex 2
Tel : +33.3.88.10.69.11
Fax : +33.3. 88.10.69.06
e-mail :
Skype : damien_chevallier

Projet 1 : Comportement alimentaire des tortues marines en fonction de la variabilité océanique


La diversité des caractéristiques physicochimiques du milieu marin et sa variabilité climatique saisonnière et interannuelle se traduisent par une production inégale des ressources. Les organismes marins semblent concentrer leur activité de recherche alimentaire dans les zones comportant des caractéristiques méso-échelles où la production biologique est élevée.

Dans ce contexte, l’étude du comportement alimentaire, via l’utilisation de Balises Argos (GPS Fastloc & CTD SRDL Fluoromètre) et de Logger (accéléromètre 3D, pression, température, luminosité), de quatre espèces de tortues marines qui nidifient en Guyane française et aux Antilles (tortues luths, vertes, olivâtres et imbriquées) et évoluent dans des niches écologiques distinctes permettra d’explorer la manière dont les processus méso-échelle stimulent et façonnent l’environnement marin et leurs ressources trophiques, et par conséquent conditionnent leur distribution et leurs déplacements.

Projet 2 : Démographie des tortues marines

Le rôle clé joué par l’océan sur le climat (transfert d’énergie) met en exergue la vulnérabilité des écosystèmes marins face aux changements climatiques et la capacité d’adaptation des espèces. Les espèces ectothermes telles que les tortues marines sont directement exposées aux effets des changements de températures atmosphériques et océaniques. Ces organismes sont par conséquent des indicateurs des changements environnementaux puisqu’elles intègrent les effets du climat sur les niveaux inférieurs de la chaîne alimentaire. A partir d’une approche multidimensionnelle (CMR/analyse des variables environnementales), nous étudierons à différentes échelles spatio-temporelles, les causes et les mécanismes de l’évolution de chaque population et l’optimisation individuelle des ressources, afin de comprendre leur capacité d’adaptation dans un contexte de changement global.

Projet 3 : Les tortues marines comme sentinelles de l’environnement

Les organismes longévifs marins intègrent les contaminants accumulés le long des chaines trophiques et sont de ce fait considérés comme d’excellentes sentinelles de l’état de santé des écosystèmes. Les informations concernant les niveaux et effets des polluants bio-accumulés sont cependant inexistantes pour les espèces marines remarquables de Guyane telles que les oiseaux et les tortues. Dans ce contexte, nous souhaitons réaliser une étude comparative intra et interspécifique sur différents sites de Guyane française et des Antilles afin d’établir 1) l’état des lieux sur les contaminants (mercure, polluants organiques persistants, hydrocarbures, etc.).

Etude expérimentale en collaboration avec l’Aquarium de La Rochelle

Projet 4 : Analyse de la connectivité écologique par une espèce migratrice paléarctique


Au cours des trois derniers siècles, le développement des techniques d’expansion agricole, la révolution industrielle et l’urbanisation ont entraîné la fragmentation et la destruction des habitats, et inévitablement l’érosion de la biodiversité. Au-delà de la réduction des habitats des espèces, l’artificialisation des espaces entre ces habitats conduit à limiter les échanges entre les populations animales et végétales. La discontinuité paysagère entraine l’isolement des ilots d’habitats, voir leur réduction à long terme, limitant ainsi les échanges entre individus, ce qui a impact direct sur la viabilité des populations d’espèces qui y vivent.

A cela s’ajoute, les conséquences écologiques dues aux changements climatiques qui provoquent inexorablement des changements géographiques des conditions bioclimatiques, forçant ainsi de nombreuses espèces à migrer afin de conserver des conditions favorables à leur cycle de vie. Le maintien d’un certain niveau de connectivité des habitats peut toutefois réduire les effets néfastes de leur destruction et de leur fragmentation. Afin d’appréhender le rôle des corridors, nous étudierons l’écologie de la Cigogne noire, l’une des espèces migratrices les plus mal connue en Europe et en Afrique. L’étude de cette espèce située au sommet des chaînes trophiques, nous permettra de comprendre les stratégies comportementales qu’elle développe pour faire face aux contraintes climatiques, environnementales et anthropiques, et ainsi de quantifier l’efficacité des corridors biologiques.

Doctorants

CHAMBAULT Philippine (2014-2017) : Influence des processus méso-échelle sur la distribution et le comportement de plongée des tortues marines de Guyane.

PERON Christina (2011-2014) : Dynamique littorale et comportement de ponte des tortues marines en Guyane française