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RAMOS Amandine

Dernière mise à jour lundi 14 mars 2016, par Mathilde TISSIER

RAMOS Amandine

Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien - IPHC
Département Ecologie, Physiologie et Ethologie - DEPE
Ecophysiologie Evolutive (EpE)

Centre National de la Recherche Scientifique - CNRS
UMR 7178 CNRS/Université De Strasbourg - UDS

23 rue Becquerel, 67087 Strasbourg cedex 2, France

Contact : Amandine Ramos


Titre de la thèse : Étude des patterns et des mécanismes de mouvements collectifs chez les bisons et les vaches Highland Cattle.

Période : 2014-2017

Encadrant(s) : Cédric Sueur


Abstract

English
Group living confers a number of advantages such as reducing the likelihood of being caught by a predator (dilution effect, collective vigilance), a greater chance of catching prey during a hunt or the possibility to exchange information about food resource. However, group living also has disadvantages including a higher aggression rate by conspecifics, a greater competition for food or sexual partners and a higher probability of transmitting disease and pathogens. The group also sees its risks of fission increase with interindividual differences and the resulting conflicts of interest. Thus, each individual must face with compromises : (1) stay and continue to take benefits of group living or (2) leave the group in order to meet its own needs. The study of collective movements is a good way to grasp and understand the decision-making processes, conflicts of interest that can be particularly numerous not least for the choice of departure time and destination. Many studies have been done on this subject, but the results are still contradictory and few of them take into account individual and social mechanisms involved in group movements. In mammals, the finding reported a lack of general knowledge for ungulates, most data mainly concerning domestic species (cows, sheep) or social groups created experimentally.
The goals of this research are manifold. First, we would like to study the decision-making processes implemented during group movements in a wild and non domesticated ungulate species : the European bison (Bison bonasus). The first objective would allow us firstly to better understand the influence of environmental constraints, inherent to the wilderness, on the organization of collective movements. Moreover, the European bison being subject to several reintroduction programs in the wild, study and understand the group movements would permit to develop new herds management strategies, more innovative and efficient that currently. Indeed, the outputs of territory of wild animals are often a source of conflicts with human being, the latter causing many damage on agricultural lands and private properties. These outputs of territory could be due to a few "leader" individuals ; identifying characteristics of these leaders would allow implement scaring methods on them and then prevent the whole group to cross the boundaries of their territory. This selective scaring would not only be less stressful for animals (since directed on a small number of individuals), but would also save time and money. In the long term perspectives, our results could help find solutions to the creation of natural reserves in which reintroduced herds would evolve in complete freedom, without anthropogenic fences, and where they would be essentially limited by natural or virtual fences.
Our second objective would be to study an intermediate ungulate species, i.e. a species with ongoing rustic features while having been domesticated. The ideal candidate is the Scottish Highland Cattle cow (Bos taurus). This second study will allow us to better understand the impact of domestication and rusticity on the organization of a group during collective movements, but also the influence of socio-demographic changes, changes in composition of herds being provided during the different periods of observation.
Ultimately, the overall understanding of decision-making processes could allow us to predict which individuals will become leaders in a given animal society, but also allow to understand the origin and evolution of these processes in mammals. Similarly, study how the animals reach common and optimal decisions could allow us to better understand how human beings organize themselves and make decisions in their own society.

French
La vie en groupe confère un certain nombre d’avantages comme la diminution de la probabilité d’être capturé par un prédateur (effet de dilution, vigilance collective), une chance plus importante d’attraper une proie lors d’une partie de chasse ou encore la possibilité d’échanger des informations relatives à la ressource alimentaire. Néanmoins, vivre en groupe comporte aussi des inconvénients notamment un taux d’agression par les conspécifiques plus élevé, une compétition plus accrue pour la nourriture ou les partenaires sexuels et une probabilité plus importante de transmettre des maladies et des pathogènes. Le groupe voit également sont risque de fission augmenter avec les différences interindividuelles et les conflits d’intérêt qui en découlent. Ainsi, chaque individu doit faire face à des compromis : (1) rester et continuer à bénéficier des avantages de la vie de groupe ou (2) quitter le groupe afin de faire face à ses propres besoins. L’étude des déplacements collectifs est un bon moyen d’appréhender et de comprendre ces processus de prises de décisions, les conflits d’intérêt pouvant être particulièrement nombreux ne serait-ce que pour choisir le moment du départ et la destination. De nombreuses études ont été effectuées sur ce sujet, mais les résultats restent encore aujourd’hui contradictoires et peu d’entre eux prennent en compte les mécanismes individuels et sociaux en jeu lors des déplacements de groupe. Chez les mammifères, le constat fait état d’un manque de connaissances générales pour les ongulés, la plupart des données concernant principalement des espèces domestiques (vaches, moutons) ou des groupes sociaux créées de façon expérimentale.
Les objectifs de ce travail de recherche sont donc multiples. Premièrement, nous souhaiterions étudier les processus décisionnels mis en place au cours des déplacements de groupe chez une espèce d’ongulé sauvage et non domestiquée : le bison d’Europe (Bison bonasus). Ce premier objectif nous permettrait en premier lieu de mieux comprendre l’influence des contraintes environnementales, inhérentes au milieu sauvage, sur l’organisation des déplacements collectifs. D’autre part, le bison d’Europe faisant l’objet de plusieurs programmes de réintroduction en milieu naturel, étudier et comprendre les déplacements de groupe permettrait de mettre en place de nouvelles stratégies de gestion des troupeaux, plus innovantes et plus efficaces qu’actuellement. En effet, les sorties de territoire des animaux sauvages sont souvent source de conflits avec l’homme, ces derniers engendrant de nombreux dommages matériels sur les terrains agricoles et les propriétés privées. Ces sorties de territoire pourraient être dues à quelques individus "leaders" ; l’identification des caractéristiques de ces leaders permettrait de mettre en place des méthodes d’effarouchement sur ces derniers et d’empêcher alors l’ensemble du groupe de franchir les limites de leur territoire. Cet effarouchement sélectif serait non seulement moins stressant pour les animaux (puisque dirigé sur un petit nombre d’individus), mais permettrait aussi un gain de temps et d’argent. Sur le long terme, nos résultats pourraient permettre de trouver des solutions à la création de réserves naturelles dans lesquelles les bisons réintroduits évolueraient en totale liberté, sans barrières anthropiques, et où ils seraient essentiellement limités par des barrières naturelles ou virtuelles.
Notre second objectif viserait à étudier une espèce d’ongulé intermédiaire, c’est-à-dire une espèce ayant gardé des caractéristiques rustiques tout en ayant été domestiquée. Le candidat idéal choisi est la vache écossaise Highland Cattle (Bos taurus). Cette seconde étude nous permettrait de mieux comprendre l’impact de la domestication et de la rusticité sur l’organisation d’un groupe lors des déplacements collectifs, mais également l’influence des changements sociodémographiques, des modifications de la composition des troupeaux étant prévus au court des différentes périodes d’observation.
À terme, la compréhension globale des processus décisionnels pourrait nous permettre de prédire quels individus deviendront des leaders dans une société animale donnée, mais aussi de comprendre l’origine et l’évolution des ces processus chez les mammifères. De même, étudier de quelle manière les espèces animales parviennent à des décisions communes et optimales pourrait nous permettre de mieux comprendre comment les êtres humains s’organisent et prennent des décisions dans leur propre société.

Publications

A. Ramos, C. Sueur, O. Petit and C. Pasquaretta. (2015). Collective decision making during group movements in European bison, Bison bonasus. Animal Behaviour, 109:149-160. DOI : 10.1016/j.anbehav.2015.08.016.

A. Ramos, C. Sueur, O. Petit and C. Pasquaretta. (2016). Understanding space use and movement patterns in a herd of European Bison (Bison bonasus). PlosOne, 11(2):e0147404. DOI:10.1371/journal.pone.0147404.

Communications

Scientific communications

A. Ramos. Collective decision making during group movements in North-American plain bison (Bison bison). BEEPS Symposium, 24 September 2015, Strasbourg, France. Oral presentation.

Science popularization

A. Ramos. Étude comparative des patterns et des mécanismes de mouvements collectifs chez les bisons d’Europe et les bisons d’Amérique du Nord. IPHC Student Symposium, 25 Novembre 2014, Strasbourg, France. Oral presentation.

Le bison, un démocrate qui s’ignore. Le Monde. 21 Septembre 2015. Article disponible sur : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/09/21/le-bison-un-democrate-qui-s-ignore_4765910_1650684.html

Comment le bison vote pour choisir son itinéraire. Le Temps. 22 Septembre 2015. Article disponible sur : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/933d5f20-607c-11e5-bcb8-823d68be581d/Comment_le_bison_vote_pour_choisir_son_itin%C3%A9raire

Why bison put their females in charge. Science. 22 September 2015. Available on : http://news.sciencemag.org/plants-animals/2015/09/why-bison-put-their-females-charge

Le bison respecte la démocratie pour se déplacer. Tribune de Genève. 22 Septembre 2015. Article disponible sur : http://www.tdg.ch/savoirs/Le-bison-respecte-la-democratie-pour-se-deplacer/story/28119671

Les femelles bisons, chef de file de la majorité. En direct des labos. 19 Octobre 2015. Article disponible sur : http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/b140.html

Bison "vote" on the direction they’d like the herd to move. Scientific American. 1er Janvier 2016. Available on : http://www.scientificamerican.com/article/bison-vote-on-the-direction-they-d-like-the-herd-to-move/

A. Ramos. Leading the way. Biosphere Magazine. Issue 14, pp 24-31. Available on : http://www.biosphereonline.com/magazine/issue-14/